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Une métaphore chez Giono – Trouver le bon moment…

Photo by Aaron Burden on Unsplash

Charles JOUSSELLIN nous propose sa contribution littéraire pour nourrir notre imaginaire, ce qui en hypnose, souligne-t-il, ne manque pas d’être ‘’aidant’’.

« La vérité objective n’existe pas, ce qui importe c’est d’être enchanté! » a écrit Giono. Jugezen… (Note du claviste : Tout en gardant la boussole pour répondre à cette invitation au voyage…)


Jusqu’alors assez faible, quoique constante, […], la brise fraîchit à l’O.-N.- O., […], avec des rafales. L’ancre du navire [de L’Indien] chassa et voyant qu’elle ne reprenait point quoiqu’on eût filé cent dix brasses de câbles, il mit sous voiles après avoir remis l’ancre en haut, et il courut des bordées dans la rade. A 8 heures du soir, il mouilla dans un autre coin par seize brasses vase et coquille. […]

Le jour suivant, à l’aide de la petite brise S.-S.-E., les deux vaisseaux tentèrent de mettre à la voile pour faire route ; mais après avoir varié en divers sens, dès une heure, le vent était revenu à l’O.-S.-O. et ce fut avec beaucoup de peine qu’ils vinrent se remettre en position de mouiller.
Le lendemain, le vent varia au Nord et au N.-E. Ils tentèrent encore une fois d’en profiter et déjà, le navire [La Demoiselle] sortait de la rade, quand l’éternel vent d’Ouest revint en soufflant assez frais. Ils tentèrent inutilement de se soutenir en courant des bordées sous toutes les voiles, mais le courant les entrainait sensiblement, et à 4 heures, ils laissèrent porter de nouveau pour le mouillage.

Le 3 août au matin, de nouveau séduits par une petite brise N.-E. et à l’exemple de quelques bateaux de pêche qui mettaient à la voile, les deux vaisseaux essayèrent d’en faire autant. Au moment où ils doublaient le cap de la Perle, ils furent tout à coup enveloppés d’une brume si épaisse qu’on distinguait à peine les objets de l’arrière à l’avant du navire. Alors la brise tomba, et ils rentrèrent en calme. Enfin vers 2 heures du matin la brise s’étant peu à peu établie à l’Est, ils purent cingler à toutes voiles.

Jean Giono, Fragments d’un paradis, Paris, Gallimard, 1974, p. 10-12.

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